Parcoursup = sélection, quoiqu’en dise Mme Vidal. Démonstration

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Cette analyse nous est transmise par un chercheur en sciences sociales au CNRS, qui soutient l’ambition de rendre transparent le fonctionnement réel de Parcoursup.

Le dispositif Parcoursup relève-t-il de la sélection?

La ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche, Frédérique Vidal, affirme depuis un mois que non. « Aucun candidat à l’université ne recevra un non », a-t-elle déclaré au journal Libération en mars. Elle a également dit qu’elle encourageait les universitaires à dire oui à tous les candidats, puisque tel était le but de la procédure Parcoursup.

Oui, mais. Il y a un mais.

Rappelons que le principe de Parcoursup pour les filières dites « non sélectives » est que :
1) les étudiant.e.s font des voeux
2) les filières classent tous les voeux d’étudiants, du premier au dernier, en fonction de critères qui sont en train de devenir visibles grâce aux nombreux témoignages des universitaires, notamment sur ce site (lycée d’origine, série du bac, options du bac, notes en première et en terminale…).
3) comme chaque filière a déterminé par avance ses « capacités d’accueil » (généralement égales à : « la réalité du nombre de places » + 20%), le logiciel se charge de tracer un trait à ce niveau. Les étudiants classés au-dessus recevront un « oui », ceux classés en-dessous recevront un « en attente ».
[rappelons par ailleurs que pour certains voeux, les filières universitaires demandent un traitement spécial (= « Oui si »), comme suivre la formation sur 2 ans plutôt qu’1, ou suivre un cours en plus. Cependant très peu de candidat.e.s risquent d’être concerné.e.s par le « oui si », puisque les universités n’ont pas les moyens financiers et humains de mettre en place de véritables dispositifs de soutien]
4) en fonction des réponses des étudiant.e.s aux filières qui leur ont dit « oui », la ligne peut descendre, et les « en attente » deviendront alors des « oui ». Par exemple : s’il y a cent places dans une filière, mais que les 50 premiers classés « oui » décident d’aller voir ailleurs, alors la barre redescendra jusqu’au 150e.

Formidable.

Mais maintenant, imaginons une situation qui est non seulement mathématiquement possible, mais également, si l’on en croit un certain nombre de commentaires récents, mathématiquement probable : il y a des étudiants qui se trouvent systématiquement en-dessous de la barre d’acceptation. Pour leurs dix voeux.

Que se passera-t-il dans ce cas?

Un document révélé par la presse il y a quelques jours confirme un témoignage issu de l’Université du Mans laissé sur ce site : à partir de début septembre, les « en attente » se changeront en « non ». Concrètement, cela signifie que les étudiants qui souhaitent faire l’un de 10 voeux d’études se verront refuser ces dix voeux. Et ce, parce que dans leur cas l’ensemble lycée d’origine+série du bac+notes aura été jugé pas très bon.

Qu’on le veuille ou non, et tant que les mots ont un sens : ceci s’appelle de la sélection.

Le ministère a beaucoup cité le fait que l’an dernier, il avait fallu [dans un très petit nombre de cas] procéder à un tirage au sort pour déterminer quels étudiants iraient dans ces filières où le nombre de voeux dépasse le nombre de places.

Avec Parcoursup, c’est pire qu’un tirage au sort. C’est le hasard de la naissance qui détermine si l’on est pris. En effet, nous n’avons pas tous les mêmes ressources économiques et culturelles à la naissance, qui nous permettront (ou du moins faciliteront) l’entrée dans un lycée « bien coté ». Si vos parents vivent dans le Quartier latin parisien, vos chances d’entrer dans la filière de votre choix sont bien meilleures que s’ils vivent dans le 93.

Mais, sentant venir le scandale, la ministre vient de changer son discours. Voici tout à coup qu’elle déclare le 16 avril à Libération, décidément devenu l’organe de son service com, que « nous avons déjà ouvert 19 000 places dans les filières sous tension et nous en ouvrirons autant que nécessaire de façon à ce que chaque élève ait un vœu accepté dans la licence de son choix ».

En d’autres termes, elle nous annonce donc un tour de magie assez extraordinaire. Outre ces 19000 places qui semblent n’être ni plus ni moins qu’un gros mensonge, la ministre s’engagerait donc à « créer » des places en septembre pour que chaque étudiant puisse étudier dans l’un de ses voeux (ou du moins une filière considérée comme proche : droit en Île-de-France pour l’étudiant.e qui souhaite par exemple faire droit à Nanterre).

Comme souvent avec cette ministre au style très orwellien (War is Peace, Love is Hate, Sélection is Not Sélection), la question qu’on est dès lors en droit de se poser est : qu’est-ce que cela veut dire?

Décryptage (sens le plus probable)
– en septembre, les rectorats et le ministère vont travailler d’arrache-pied pour caser les étudiants dans des voeux qu’ils et elles n’auront pas demandé, mais en essayant de les présenter comme des voeux « proches » de ceux demandés. L’étudiant.e qui veut faire Langues et civilisations islandais se retrouvera en persan, le droit à Evry se transformera en droit à Villetaneuse, la licence d’économie à Bordeaux deviendra licence de sociologie à Pau. Et le service com du ministère fera des merveilles pour nous expliquer que tout ça, c’est pareil.
– aucune place ne sera « créée » magiquement en septembre. Créer des places = créer des salles, fournir des chaises, mais surtout, embaucher des profs. Rappelons que le nombre de postes d’universitaires est en chute libre depuis des années.
Le service com du ministère, qui est le département le plus performant dudit ministère, expliquera peut-être en septembre qu’il y a augmenté les crédits d’embauche de vacataires dans les filières « en tension » (en exagérant un peu le montant de l’augmentation, ça mange pas de pain). Les observateurs peu attentifs se diront que c’est équivalent à créer des places, et ne vérifieront pas s’il y a vraiment des travailleurs précaires en plus, et s’ils connaissent quelque chose aux cours pour lesquels ils sont embauchés.

Résultat des courses :
Jusqu’ici, les étudiant.e.s dont le « dossier » scolaire n’est pas très bon (mauvaises notes, ou la malchance d’être né dans le mauvais quartier) pouvaient tenter leur chance dans les filières les plus « prisées ». Seulement dans une minorité de cas y avait-il eu un tirage au sort (qui n’avait pas empêché certains de ces étudiants « mal cotés » de tenter leur chance).
Désormais, ces étudiant.e.s seront systématiquement classés en bout de liste pour ces filières prisées. En septembre, un certain nombre d’entre elles et eux apprendront qu’ils/elles sont refusé.e.s de tous leurs voeux. Mais le ministère les forcera à accepter une offre présentée comme « équivalente » (à ceci près qu’ils et elles n’en ont pas fait le voeu…).

En d’autres termes :
ces étudiant.e.s né.es du mauvais côté du périphérique ou trop loin des métropoles sont désormais impitoyablement éliminé.e.s des filières qu’ils et elles souhaitaient suivre.

Au fait, ceci s’appelle de la sélection.

Parcoursup est-il codé en langue de bois ? Nous aimerions bien le savoir !

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Je m’appelle Jérémy Freixas et je suis ATER (Assistant Temporaire d’Enseignement et de Recherche) à l’Université de Nantes. Il y a bien longtemps, un monsieur a affirmé “Code is Law”. Derrière ces trois mots se cache l’idée que nos échanges sur internet sont régulés par celles et ceux qui fabriquent les pages du web.

J’ai la conviction qu’il est nécessaire de creuser aussi dans les lignes de ces procédures informatisées mises en place l’État pour démêler le vrai du faux des discours officiels.

Les différents témoignages postés sur l’Observatoire de la sélection de RogueESR permettent d’avoir des éléments concrets sur certaines fonctionnalités de la plateforme Parcoursup et la façon dont l’outil est présentés aux profs de lycées et de facs.

Mais le temps presse et nous n’avons pas le temps de nous amuser à faire de la rétro-ingénierie pour avoir les détails sur l’affectation des vœux.

C’est pourquoi la publication du code source et la communications des algorithmes de classement des candidat.e.s est une nécessité.

L’association Droit aux Lycéens avait obtenu à l’automne 2016 après de nombreux efforts la communication d’une partie du code source de feu APB (Admission Post Bac).

Cette demande faisait suite à l’opacité de la procédure dans des filières non-sélectives, mais tendues, où des dossiers étaient refusés. Le ministère n’a pas facilité l’analyse de ce code source en transmettant un fichier pdf, sans documentation, avec des appels à une base de donnée inconnue, bref : un programme ne pouvant en aucun cas être exécuté et étudié en profondeur.

De l’eau a coulé sous les ponts, et depuis :

  • En 2017, Etalab, la mission coordonnant l’ouverture des données publiques a recommandé d’aller plus loin dans l’ouverture du code source d’APB. Bien que non contraignante, cette déclaration reconnaît officiellement cette nécessité.

  • La communication des algorithmes de la plateforme Parcoursup a été soulevé plusieurs fois dans les débats parlementaires au sujet de loi ORE (Orientation et Réussite des Etudiants). De nombreuses déclarations ont été fait dans le sens de plus de transparence, jusqu’au président Macron, qui a rappelé lors de l’événement de communication autour de l’intelligence artificielle #AIforHumanity l’importance de la publication des algorithmes utilisés par les administrations de l’État « à commencer par Parcoursup ».

  • L’article 1 de la loi ORE affirme même que « la communication, en application des dispositions du code des relations entre le public et l’administration, du code source des traitements automatisés utilisés pour le fonctionnement de la plateforme mise en place dans le cadre de la procédure nationale de préinscription prévue au I s’accompagne de la communication du cahier des charges présenté de manière synthétique et de l’algorithme du traitement. »

Que demander de plus ?

La communication effective de ce code !

La plateforme a été ouverte le 15 janvier 2018.

La loi, adoptée, le 8 mars 2018.

Qu’attend le ministère pour communiquer le cahier des charges de la procédure et le code ?

Frédérique Vidal encourage « tous ceux qui disent, dans les universités, qu’ils répondront oui à tous les étudiants », car « c’est ce que la loi leur demande de faire » et en même temps dénonce « tous ceux qui refuseront de répondre oui si » leur invitant à « regard[er] leurs étudiants en face » afin de de « leurs expliqu[er] comment ils ont pu refuser de mettre en place des parcours pour les aider » (voir la vidéo).

A quoi sert Parcoursup si c’est pour répondre à oui à tous les vœux ? N’aurait-on pas pu imaginer une procédure plus simple ?

Frédérique Vidal déplore la désinformation et affirme le 5 avril qu’« il y a encore une part d’information qui doit être donnée et être expliquée ». Quelles informations ? Est-ce normal d’arriver à ce genre de situation alors que la procédure est amorcée depuis plusieurs semaines ? Y a-t-il un moment où les candidat.e.s et les enseignant.e.s seront pleinement au courant de ce qui les attend ?

Le double discours a ses limites, et s’il y a bien une chose qui est factuelle dans cette procédure, c’est la nature même du traitement des données derrière Parcoursup et les différents programmes de tri locaux. En gros : les lignes de codes qui servent à classer les quelques 7 millions de vœux émis par les inscrit.e.s sur Parcoursup. Sans cette analyse du code, impossible de comprendre clairement l’affectation des vœux. Ainsi que les critères et motivations qui rentrent en jeu derrière.

C’est pourquoi j’ai envoyé une demande d’ouverture du code comme le prévoit la loi « Commission d’accès aux documents administratifs » (loi CADA). Le ministère dispose d’un délai d’un mois à compter du 12 mars 2018 pour diffuser publiquement le code source de la plateforme. Ce n’est qu’une première étape avant de s’intéresser aux procédures de tri locales.

Cette démarche est à mettre en parallèle du groupe CRCé au Sénat qui a saisi la CNIL (Commision National de l’informatique et des libertés) au sujet de Parcoursup. Cette dernière affirme que « les établissements d’enseignement supérieur qui recourraient à un traitement algorithmique pour examiner les candidatures qui leur sont soumises devront également fournir l’ensemble des éléments permettant de comprendre la logique qui sous-tend cet algorithme ».

Madame Frédérque Vidal peut économiser son temps, ses tweets et son service communication : tout deviendra clair dès lors que le code source sera public et les logiques des algorithmes dévoilées.

Université du Mans : le vrai visage de Parcoursup

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Addendum [10 avril 2018 au soir] : Suite à la publication de cet article, un communiqué de l’Université du Mans est venu apporter un contre point à ce qui est décrit ci dessous. Nous avons effectué quelques modifications mineures suite à ce communiqué (voir les passages entre […]).

Au final, il apparaît donc que la présidence de l’Université du Mans s’est clairement prononcée contre la sélection universitaire – mais qu’au niveau de l’UFR Sciences, certaines personnes ont fait du zèle dans leur présentation sur comment utiliser le logiciel de sélection… Par ailleurs ce que nous avons lu comme des « ordres » ne devrait finalement être interprété que comme des « incitations » de la part de ces sélectionneurs zélés. Faut-il en être soulagé?

-> Pour télécharger le document source, dont l’authenticité a été confirmée par la présidence de l’Université du Mans, c’est ICI.

 

Addendum 2 [11 avril] : notre source à l’Université du Mans nous indique que la lettre de motivation notée 1/20 du candidat de Bac Pro Agricole qui souhaitait faire de l’informatique n’est pas fictive…

 

A l’Université du Mans, la sélection Parcoursup montre son vrai visage. Un.e membre de l’université a courageusement décidé de jouer le rôle de lanceur d’alerte en faisant fuiter ce document interne [de l’UFR Sciences] qui a été présenté aux responsables de formations lors d’une réunion le 30 mars 2018. Le contenu du document est ultra-sensible. Il révèle les mécanismes des algorithmes locaux qui seront mis en place par chaque formation, qui donneront une note globale à chacun.e des candidat.e.s. Et il confirme les pires craintes des opposant.e.s à la réforme :

 

1) [L’UFR de Sciences de ] l’Université du Mans ordonne [présente] à ses personnels des façons de sélectionner selon la série du bac

 

C’était l’une des « lignes rouges » des organisation qui soutiennent la réforme Parcoursup, tel le SGEN-CFDT et la FAGE : Parcoursup ne devait pas permettre la sélection selon la série du bac, au risque de mettre en place un enseignement secondaire à plusieurs vitesses.

A l’Université du Mans, la ligne rouge a été allègrement franchie. Les enseignant.e.s sont [sommés de] invités à calculer une note globale pour chaque candidat.e, selon une équation dont un exemple est donné ci-dessous. Il est dit que les coefficients qui pondèrent cette équation sont à paramétrer « série de Bac par série de Bac ».

En d’autres termes, il est encouragé de mettre des coefficients différents selon les séries du Bac, ce qui permettra de monter artificiellement la note globale des candidat.e.s issu.e.s de certaines séries, et de plomber les candidat.e.s issu.e.s d’autres séries.

Comme par hasard, l’exemple de « bonne » série retenu est la série Scientifique du Bac général…

 

 

 

 

La personne de l’UFR Sciences explique même à ses personnels qu’il est possible d’être encore plus « fin » dans la sélection, en paramétrant l’algorithme de manière à favoriser une spécialité particulière au sein d’une série.

 

2) les éléments qualitatifs censés « remettre de l’humain » dans la procédure seront en fait notés entre 0 et 20

 

Parcoursup a été présenté comme une réforme permettant de « remettre de l’humain » dans la procédure d’affectation des candidat.e.s à l’université. C’est Mme Frédérique Vidal, Ministre de l’Enseignement supérieur et de la recherche, qui le dit.

Cette humanisation était censée passer notamment par la prise en compte de lettres de motivation rédigées par les candidat.e.s et d’appréciations rédigées par les enseignant.e.s de lycée. Certains universitaires craignaient cependant (voir par exemple ce témoignage) que la masse énorme de voeux reçus n’empêchent d’utiliser ces éléments « qualitatifs » pour classer les candidatures de manière humaine.

[L’UFR Sciences de ] l’Université du Mans vend la mèche. La première étape, pour toutes les formations, va être de convertir les appréciations et les lettres de motivation en notes comprises entre 0 et 20, afin de les faire rentrer dans l’algorithme local.

Pour les appréciations de la « Fiche avenir » rédigées par les enseignant.e.s et les chefs d’établissement, il est conseillé le système de notation suivant :

« Très satisfaisant » = 20

« Satisfaisant » = 15

« Assez satisfaisant » = 10

« Peu démontré » = 5

Selon les informations que commence à recevoir l’Observatoire de la sélection universitaire, la même grille de notation est suggérée dans de nombreux autres établissements universitaires.

En ce qui concerne la lettre de motivation, dont le nom officiel est « Projet de formation motivé » (PFM), l’Université ne donne pas de consignes sur la manière d’attribuer une note entre 0 et 20. Elle donne néanmoins un exemple. Celui-ci est très éclairant sur la manière dont la sélection sociale se niche dans les plis de Parcoursup.

C’est celui d’un étudiant fictif, affublé du numéro 106269. On apprend qu’il a fait un BEP Agricole puis un Bac professionnel agricole. Selon son Projet de formation motivé, il est « super intéressé par l’informatique depuis longtemps ».

On remarquera que les responsables de l’Université [auteurs zélés du Powerpoint] ont même introduit des fautes d’orthographe dans la lettre de motivation (« j’aimerais étudié », « je me suis renseigner ») sans doute pour qu’elle corresponde davantage à l’image que se sont déjà fait certains de ce pauvre candidat.

Lorsqu’il s’agit de convertir ce PFM en note, généreux, ils proposent 1/20…

Le message est clair : vous avez fait un Bac Pro Agricole, vous n’avez pas pu bénéficier des services rédactionnels offerts par vos parents ou une officine privée payante afin que la lettre de motivation soit impeccable, et en plus vous trouvez le moyen de vouloir faire de l’informatique…

Quand bien même vous seriez très motivé, selon [ces personnes de l’UFR Sciences de] l’Université du Mans, là n’est pas votre place véritable.

Retournez à vos moutons.

 

3) l’Université laisse champ libre aux formations pour bidouiller la sélection comme elles l’entendent selon des algorithmes locaux basés sur des « critères obscurs » (sic)

 

[Ces obscurs trublions de] l’Université du Mans confirment à ses formations qu’elles ont les mains libres pour effectuer la sélection comme bon leur semble. Trois solutions s’offrent à elles :

1) et 2) : définir avec le Service des enseignements et de la vie universitaire (SEVU) les paramètres qui permettront de faire le tri des candidatures

3) : prendre le contrôle du logiciel de paramétrage et effectuer leur propre cuisine. Y compris en modifiant tous les paramètres, si elles le souhaitent, au dernier moment (au cas où ce pauvre Bac Pro Agricole serait quand même bien classé pour la filière informatique…).

 

[Dans ce document], les responsables de formations sont incités à pratiquer la sélection elles-mêmes.

Pour une présidence d’université, l’intérêt est évident : en rejetant le processus de décision au niveau le plus bas, on se prémunit par la suite (ou on croit se prémunir) d’éventuelles mises en causes politiques ou judiciaires

Aveu d’opacité : les formations sont invitées à introduire des « critères obscurs » si elles le souhaitent dans leur petite cuisine…

 

 

 

Que faire si deux ou plusieurs candidat.e.s ont la même note globale, sachant que le logiciel ne permet pas de classer des ex aequo? Bidouiller la note de certains d’entre eux/elles (au hasard, les élèves de Bac Pro Agricole), pour recréer artificiellement une hiérarchisation.

De toutes façons, que les responsables de formation se rassurent : le rang dans le classement ne sera pas connu des candidat.e.s.

Mais attention! En revanche, ces dernier.e.s pourront demander à connaître les principes qui ont guidé ce classement. Dans ce monde impitoyable fondé sur des critères obscurs, il faudra donc penser à préparer quelques principes au cas où. En espérant être cru sur parole.

 

 

4) Pour celles et ceux qui n’étaient toujours pas au courant: Parcoursup, c’est de la sélection

 

La Ministre Mme Vidal, toujours elle, nous assure la main sur le coeur que Parcoursup n’a jamais été une affaire de sélection, qu’au contraire, c’est une réforme dont le principe est « de dire oui à tout le monde ». Que c’est beau.

Ce n’est pas ce que dit [ce document issu de] l’Université du Mans. Il nous apprend ce qui va véritablement se passer au mois de septembre.

Les étudiants toujours classés « en attente » après le 5 septembre n’auront pas d’inscription. Autrement dit : ils auront été éliminés.

 

Il sera alors grands temps, pour notre pauvre élève de Bac Pro agricole, d’oublier ses rêves d’informatique et de retourner aux travaux des champs.

Et de ne surtout pas réfléchir au fait que, avant Parcoursup, son bac lui donnait le droit de suivre la filière de ses rêves.

Anglais, Lyon 2 : les seuls critères retenus sont les notes des bulletins scolaires

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Ce témoignage confirme, s’il était besoin, que souvent les lettres de motivation et appréciations que les élèves et professeurs ont passé du temps à peaufiner ne seront tout simplement pas prises en compte, au profit d’un classement purement quantitatif basé sur les notes passées.

 

Je suis MCF [note : Maître.sse de conférences] en Anglais à l’Université Lyon 2.

Les modalités ont été décidées en urgence, avec certains collègues très peu informés des enjeux et effets du paramétrage, sans conscience que la prise en compte des notes par exemple n’a pas de sens puisque tous les lycées ne notent pas de la même manière. La décision a été prise par vote de classer les voeux.

Les seuls critères retenus sont les notes des bulletins scolaires, sans pondération en fonction des lycées.

Résistances à la sélection à l’UFR Sciences d’Aix-Marseille Université

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Je m’appelle Olivier Morizot, et je suis maître de conférences au dept de Physique d’Aix-Marseille Université, responsable de la licence Sciences & Humanités (hors département) et membre du comité de mobilisation des personnels AMU contre la loi ORE.

En tant que responsable de licence, membre de la commission enseignement et trouble-fête sur ces questions depuis décembre, je fais partie du groupe de travail ParcourSup créé par la direction de notre UFR Sciences (constitué d’une quinzaine de personnes, responsables de portails, de licences hors-portails et de membres de la commission enseignement) en réponse à la grogne montante des collègues au début du mois de janvier. Ce groupe s’est réuni 3 fois, la dernière fois remontant à mercredi dernier.

Avant ces réunions:

-le seul département ayant osé voté une motion contre parcoursup (maths) s’est vu opposer que comme nous ouvrions l’an prochain des portails à cheval sur plusieurs départements, leur vote resterait sans conséquence (quand bien même ce même vote n’a pas été proposé dans les autres départements)

-un nombre important de responsables a demandé de pouvoir classer les candidats 1er ex aequo mais s’est vu rétorquer que ce serait impossible, malgré la demande insistante

-on les a donc sommés de présenter une méthode de classement, laquelle reposait toujours uniquement sur les notes en sciences en terminale

-tous les portails envisageaient de mettre un OUI automatique à tous les bacs S et un « oui si » automatique à tous les autres bacs, sauf étudiants exceptionnels qu’on irait repêcher après coup.

Le surbooking à l’université…

Cependant, lors de la dernière réunion, on nous a appris qu’il sera possible faire du surbooking de 20% lors des premiers appels sur ParcourSup. Voire, sur négociation de monter le nombre des appelés dès le premier jour à l’Effectif annoncé + 50%

Il sera même possible de procéder à ce surbooking de manière plus subtile en fixant à la main le rang du dernier appelé lors de l’ouverture de ParcourSup. Cependant, cette procédure sera contrôlée et ne permettra pas de fixer ce rang à celui du dernier candidat, et donc ne permettra ni d’appeler tous les candidats dès le premier jour, ni d’éviter la procédure de classement.

Une possible astuce pour ne pas avoir à sélectionner

Nous avons envoyé un message sur la liste des personnels avec l’objet « Tout le monde ex aequo sur ParcourSup : ça semble possible », en reprenant simplement un paragraphe d’une notice ParcourSup produite par le ministère. Dans cette notice, il était mentionné que les formations pour lesquelles les capacités d’accueil seraient supérieures au nombre de candidats pourraient se permettre de ne pas classer. Ce à quoi nous avions donc ajouté, comme l’ont fait de nombreux collègues en France, qu’il suffirait probablement de monter l’information « Effectif » affichée pour nos formations sur ParcourSup à une valeur supérieure au nombre de candidats déclarés, pour éviter de fait tout classement. Et permettre à tous les candidats de recevoir dès le premier jour d’ouverture de ParcourSup une réponse positive et non affectée par un classement injuste.

L’UFR Sciences signale que nous nous serions trompés. On nous oppose que nous confondons « capacités d’accueil » et « effectifs ». Ou plutôt, que nous avons bien remarqué qu’il s’agit de la même chose mais que nous refusons de voir que ces effectifs devant se référer à nos capacités réelles et ces dernières ayant été votées en CFVU en janvier, il est inenvisageable de les modifier.

Je laisse à chacun la liberté de se faire une idée de cette ligne argumentaire. Pour notre part, nous continuons d’estimer cette solution pertinente et continuons de la défendre. Reste qu’au sein de ce groupe de travail ces arguments de l’UFR Sciences ont suffi à faire oublier les demandes des quelques responsables qui il y a quelques semaines réclamaient un classement premier ex-aequo de tous les candidats. La vice-direction de l’UFR insiste donc : dans tous les cas il faut classer.

On rappelle néanmoins que les candidats connaitront leur classement sur chacun de leurs voeux, et que les modalités de classement devront explicitement être mises à disposition par toutes les formations.

Comment certains vont classer selon les séries du Bac

Un point important : les classements ne pourront officiellement pas prendre en compte les séries du bac. Et ça inclue les réponses « oui si » que les formations envisageaient d’envoyer à tous les bacs non S, sauf rares exceptions. Le ministère insiste en effet qu’il ne peut y avoir de classement ou d’orientation automatique basé sur la filière du bac.
C’est donc sur l’ambiguité de ce terme « automatique » que de nombreuses facs envisagent de contourner cette recommandation ministérielle : en faisant cette sélection sur les séries du bac « manuellement » quoi que cela veuille dire, on ne tombe pas sous le coup de l’injonction ministérielle…

Enfin, le ministère met en place sur ParcourSup un « outil d’aide à la décision », càd d’aide au classement. L’UFR suggère l’utilisation de cet outil à toutes les formations ayant reçu un grand nombre de candidatures ce : 1. parce qu’il est pratique et déjà fourni, 2. parce que la législation sur ParcourSup est encore fluctuante, donc au moins en utilisant l’outil proposé par le ministère, on est couvert juridiquement en cas de recours.
Une formation à l’utilisation de cette outil est proposée aux référents ParcourSup dès ce vendredi 6 avril.

Dans cet outil, certes on n’a pas le droit de classer automatiquement sur la série du bac, mais les coeff et les notes prises en compte dans l’outil d’aide de parcoursup pourront varier selon la série du bac du candidat. C’est donc comme ça que les collègues trieront les séries du bac. Je laisse les lecteurs tirer leurs propres conclusions quant au caractère « non automatique de la procédure ».

Une réforme brutale et aberrante (Philo, Bordeaux-Montaigne)

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Je suis MCF [Note : Maître.sse de conférences] en philosophie à l’Université Bordeaux Montaigne

Après consultation de l’ensemble des membres titulaires du département de philosophie, nous réitérons notre hostilité à l’égard d’une procédure généralisée de sélection qui dénature la relation pédagogique que nous souhaitons avoir avec de jeunes adultes dont on peut supposer qu’ils et elles sont suffisamment matures pour faire des choix autonomes (voire, se tromper) d’orientation. Que l’on exige des prérequis pour certaines formations eu égard à leurs particularités ne signifie pas que l’on considère qu’une discrimination de toutes les candidatures pour la licence de philosophie soit nécessaire.

Face à la brutalité de la réforme et l’absence totale de prise en compte des positions défendues par les enseignant.e.s et enseignant.e.s chercheur.se.s relayées par différents collectifs et la plupart des organisations syndicales nous décidons d’adopter comme critère de détermination de la motivation des lycéen.ne.s vis-à-vis de la formation de licence de philosophie le fait qu’ils et elles ont formulé le voeu de s’y inscrire et comme critère d’évaluation de leurs prérequis, le fait qu’ils et elles ont obtenu le baccalauréat.

Dès lors, dans la mesure où les données d’appel peuvent être identiques au nombre de candidat.e.s, nous dirons « oui » à toutes celles et à tous ceux qui répondront à ces deux critères.
Parce qu’il serait alors injuste de classer ces candidatures selon des critères différents de ceux que nous avons définis, nous choisissons soit de ne pas classer (si c’est techniquement et légalement possible) soit (le cas échéant) de classer les candidatures par ordre alphabétique.
Nous comptons alors sur le fait que seul.e.s les candidat.e.s désirant vraiment poursuivre des études de philosophie choisiront in fine de s’inscrire dans notre licence de philosophie, les autres choisissant d’autres formations pour lesquelles ils ou elles auront également été accepté.e.s. Ainsi, notre formation de L1 mention Philosophie devrait retrouver à la rentrée prochaine le nombre approximatif d’inscrit.e.s qu’elle connait depuis quelques années (entre 100 et 150 inscrits).

Reste le problème délicat de la formation de la commission qui doit entériner ces critères et ce classement alphabétique.

Initialement, aucun.e d’entre nous ne souhaitait prendre part à cette commission.

Par conséquent, cela aurait conduit la procédure à ne pas être validée et donc à ce que les étudiant.e.s ayant choisi la licence 1 de philosophie ne puissent pas voir leur voeu « licence de philosophie l’Université Bordeaux Montaigne » apparaître comme validé dans la procédure Parcousup le 22 mai prochain. Ce n’aurait été qu’à la fin du processus, c’est-à-dire fin septembre que, le recteur décidant d’affecter d’office dans notre formation certains des étudiant.e.s encore non affectés, nous aurions vu notre L1 se remplir d’étudiant.e.s n’ayant pas choisi véritablement la philosophie, les autres s’en voyant privé par le mécanisme aberrant de Parcousup.

L’un d’entre nous a accepté de présider la commission. Mais aucun des deux responsables de licence ni aucun membre de la direction du département n’y siègera. Si cette composition avec un seul EC et potentiellement des administratifs ou EC d’autres formations ne pouvait être acceptée, alors nous ne constituerons aucune commission.

Quoi qu’il en soit de cette situation, dont nous avons longuement débattu, il nous est apparu que pour ne pas sembler nous défausser de notre responsabilité à l’égard de nos futurs étudiant.e.s, nous devons rendre public, et ce le plus largement possible, le choix qui est le nôtre, en passant par tous les relais médiatiques possibles. Nous devrions, notamment prendre le temps d’écrire explicitement comment nous comptons opérer et pourquoi nous avons choisi d’opérer ainsi et de le diffuser auprès de la presse quotidienne régionale, de nos collègues philosophes du secondaire, et des autres départements de philosophie.

Parcoursup : l’outil du ministère qui permet d’éliminer les redoublants et les bacs pro

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Nous recevons de premiers témoignages d’universitaires qui découvrent le monde merveilleux du logiciel Parcoursup fourni par le ministère. Il y apparaît notamment qu’il est possible d’éliminer les anciens redoublants ainsi que les élèves issus de filières « indésirables ».

 

1.  REDOUBLEMENT

Dans le logiciel Parcoursup, les élèves qui ont redoublé leur première sont signalés par un petit carré beige « P ». Les élèves qui ont redoublé leur terminale sont signalés par un petit carré jaune « T ».

Bon courage aux étudiants dont le destin est désormais marqué du carré beige ou jaune!

 

2. TRI SELON LES FILIERES D’ORIGINE

Officiellement, les universités n’ont pas les moyens de sélectionner les étudiants selon leur filière d’origine (bac général, pro ou techno – voire plus finement : bac S, ES ou L).

C’est faux! Finalement, le logiciel du ministère propose bien aux universitaires une technique pour trier les candidats selon leur filière d’origine. Et le ministère offre même le mode d’emploi! (ci-dessous).

C’est simple : donner un bonus aux notes obtenues par les étudiants de la filière souhaitée (comme ça ils passeront devant tous les autres dans le classement).

Parcoursup : pourquoi le handicap ne sera pas pris en compte !

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Une enseignante-chercheuse d’une université de région parisienne nous démontre que le handicap ne pourra pas être pris en compte dans Parcoursup, quoiqu’en dise le gouvernement.

 

1. Dans le FAQ Parcoursup, il est indiqué que les candidats en situation de handicap peuvent renseigner dans la rubrique « éléments liés à ma scolarité » leur situation particulière pour qu’elle soit effectivement prise en compte par les commissions (lien). Les candidats qui ont utilisé cette rubrique sont marqués d’un [S] dans la liste complète des candidatures, comme on le voit sur la capture d’écran ci-dessous.

 

2. Mais cette rubrique était ouverte à tous les candidats (handicap ou non). Dans ma filière, les candidats s’en sont largement saisis pour compléter leur « projet de formation motivé » avec des paragraphes d’une dizaine de lignes parfois. D’autres s’en sont servi pour signaler des erreurs dans leur dossier administratif.

3. En bref, impossible d’identifier rapidement les étudiants en situation de handicap. Il faut ouvrir les fichiers pdf et lire les paragraphes un à un. Ce ne sera jamais pris en compte !

 

Rappelons en effet que les premiers témoignages reçus depuis les universités évoquent des milliers de dossiers à classer, y compris pour les « petites » filières…

Mes collègues veulent bien sélectionner s’ils sont payés pour le faire

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Je suis MCF [note : maître.sse de conférences] dans une licence dite jusque-là « sous tension ».

Jeudi a eu lieu une réunion de mon département consacrée à Parcoursup. La première à ce sujet dans ce département. Jusque-là, le plan étudiant, puis Parcoursup et la loi ORE n’ont pas vraiment mobilisé. Pour ne pas dire pas du tout. Après tout, il ne s’agit que de la licence. L’essentiel c’est le master. Schéma classique. Mais passons.

Jeudi donc, la direction du département a ouvert la discussion en faisant part des échanges qu’elle a eus avec la direction de l’UFR et la vice-présidence de la CFVU qui lui réclament la composition de la commission des examens des vœux et une estimation de l’enveloppe nécessaire. Elle, direction du département, demande le montant de l’enveloppe sur laquelle le département pourra compter avant qu’il ne se positionne. Le dialogue de sourds va durer plusieurs semaines. Face à l’urgence, la direction de l’UFR lui concède que la commission pourra se désister si les moyens n’étaient pas à la hauteur. Comme s’il fallait demander la permission… Bref.

Jeudi, en urgence donc, l’assemblée semblant ignorer à peu près tout des objectifs et des enjeux de Parcoursup, des modalités de fonctionnement de la plateforme, a dû prendre une décision.
La direction du département, forte de son expérience de l’orientation active sur APB, a assuré que le travail était faisable, puisqu’il y aura au plus 3400 dossiers. Quel rapport entre son expérience d’APB et Parcoursup ? La lecture des lettres de motivation, pardi ! Cela lui a été possible les années précédentes, ça peut donc l’être aussi cette année. La différence entre la lecture de dossiers et le clic « favorable »/ »défavorable » (dont les lycéens pouvaient s’affranchir) et le classement de toutes les candidatures ? … pas de quoi émouvoir l’assemblée.
Au contraire même !

Ras-le-bol de tou.te.s ces étudiant.e.s qui n’ont pas le niveau ! Ras-le-bol de celles et ceux qui sont là sans motivation. Ils et elles prennent de la place et condamnent les enseignant.e.s à corriger leurs copies terriblement mauvaises ! Alors oui à la sélection ! Que ces étudiants qui n’ont rien à faire ici restent dehors ! « On n’a pas les moyens de tous les accueillir » chuchote un collègue pour justifier son avis.

Soyons complet : la question s’est posée de savoir ce qu’il se passerait si le département refusait de « rentrer dans Parcoursup ». Et la réponse a levé les craintes : si ce n’est pas nous, c’est soit la présidence de l’université, soit le rectorat. Et alors là, on ne pourra plus choisir les meilleur.e.s étudiant.e.s ! L’affaire est donc jugée. Passons au vote ! Résultat sans appel : 65% pour la sélection ! (26% contre, 9% blancs).

Moralité sans morale : fermons nos frontières ! Faisons le tri parmi ceux qui veulent venir ! Le remake est glaçant.
Mais ne nous arrêtons pas en si bon chemin. Deuxième vote : « êtes-vous d’accord pour suspendre la commission si les moyens alloués n’étaient pas suffisants ? ». Tous pour ! Un seul vote contre et une abstention (non comptabilisée).
Que penser des prises de position quand elles sont monnayables ? Et on reproche aux plus jeunes d’être sans conviction, sans conscience politique, sans engagement, incultes…

L’histoire n’est pas finie : qui composera la commission ? Les volontaires doivent se faire connaître avant le 4 avril. Quels moyens seront alloués in fine ? La commission s’autorisera-t-elle à démissionner ? Comment paramètrera-t-elle l’algorithme local ? Quelles subtilités lui échapperont faute de temps ? Quelles conséquences d’un tel amateurisme ? Nous le saurons très vite.

Et l’équipe de l’OSU est impatiente de publier la suite…

Lilles, sciences de l’éducation : classer 2800 dossiers pour 200 places

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Je suis MCF [Note : maître/maîtresse de conférences] à l’Université de Lille en sciences de l’éducation.

Nous aurons plus de 2800 dossiers, nous le savons désormais. Nous avons 200 places. Par projection des voeux passés sur APB (qui eux étaient classés), on peut raisonnablement penser qu’il y a plus de 800 voeux qui sont des voeux n°1 dans l’esprit des lycéens.

Voilà la réalité d’une université asphyxiée volontairement par les pouvoirs publics depuis plusieurs années.

Comment on fait pour classer 2800 dossiers, avec 72h supplémentaires accordées pour le job pour toute la filière? (je vous laisse faire le calcul : 1 minute 30 secondes par dossier de simple lecture, sans comparaison entre les dossiers, sans discussions entre les membres de la commission, etc.), du 1er au 2800e ???

On ne fait pas, on fait faire… à des machines !

Le département va se prononcer la semaine prochaine, par un vote, pour se positionner officiellement face à cette situation ubuesque.