Nous n’avons mis que des avis favorables ou très favorables

Categories Témoignage Prof de Lycée

Je suis professeur principal de terminale dans un lycée polyvalent de près de 2000 élèves.

J’ai assisté à une réunion de 3h consacrée à la présentation du dispositif Parcoursup. Elle a été faite par 3 collègues (dont une psychologue de l’éducation nationale) qui avaient été convoquées une semaine plus tôt au rectorat en tant que représentantes de l’établissement pour être formées sur une demi-journée afin de nous former à leur tour.
Au final je me suis retrouvée dépourvue pour répondre à la plupart des questions très précises des élèves lorsqu’ils ont commencé la saisie (sur les dérogations pour changer d’académie par exemple). Plusieurs de mes collègues m’ont dit être dans le même cas.

Avec quelques collègues (séries L et ES seulement : impossible d’obtenir un consensus général), nous avons décidé de ne remplir que les avis des professeurs principaux, et de mettre systématiquement des avis favorables ou très favorables. Nous avons refusé de remplir nous-mêmes les avis du chef d’établissement. Cette partie de la procédure a été effectuée dans le bureau du proviseur-adjoint en charge de la classe, lors d’un conseil d’orientation préalable au conseil de classe et ne réunissant que le proviseur-adjoint et les deux professeurs principaux. Là encore, nous n’avons mis que des avis favorables ou très favorables. Le lendemain, lors du conseil de classe, l’orientation des élèves n’a pas été abordée.

J’ai expliqué à plusieurs reprises aux élèves que nous les valoriserions dans les avis, et j’ai passé beaucoup de temps à les aider à écrire leurs lettres de motivation. Ils ont confiance pour la plupart en ce que je leur dis. Par contre, les relations se sont tendues entre collègues, entre ceux qui sont plutôt favorables à cette nouvelle procédure et ceux qui, comme moi, lui sont opposés. J’ai essayé de mobiliser les collègues de cette deuxième catégorie pour transformer cette opposition en action concrète (refus par exemple de remplir les avis), mais je n’ai pas été suivie. Les collègues avaient peur de pénaliser les élèves s’ils ne remplissaient pas les avis. Mon conjoint s’inquiétait par ailleurs que je me fasse sanctionner par la direction si je refusais de remplir les avis. J’ai donc fini par céder à cette pression, qui devenait trop lourde à porter seule.